Je me sens vide, toute vide, de plus en plus vide. J'arrive à capter un instant, quelque chose qui me remplit soudainement, mais un geste, une mimique dans la seconde qui suit suffit à me vider à nouveau, comme un vieux ballon frippé, trop gonflé et dégonflé qui s'essoufle légerement en attente d'une seconde jeunesse qui ne devrait pas tarder, mais qui se fait désirée.
Je perds substance, un petit bout par ci, un petit bout par là. En veux tu, en voila, je laisse un petit morceau de moi. Un petit morceau de ce qui me constitue, un petit morceau de pensée. Je me vois m'éparpillée, papillonée, éclatée, sur le sol, je les laisse trainer, dans les bras de certaines personnes, je les abandonne, sans m'en rendre compte, les confiant à celui qui voudra bien les receuillir, je ne maitrise plus grand chose ces derniers jours. Les choses vont vite. Un tout petit peu trop vite. Et je me vide, je dégouline, je m'abandonne, essayant de choper la moindre miette d'affection qu'on daignerait m'envoyer.